11/05/2006

un livre: MINIMUM ROCK’N’ROLL TOME 3

« Escarpins, boots de cuir et claquettes à Papa »Co-édition DISCO-BABEL / LE CASTOR ASTRAL.Présentation le samedi 13 mai au Comptoir dans le cadre de rock et amour en wallonie 2.« Le rock est une affaire de célébration et d’apparat », prévient Luc Lemaire, l’un des auteurs et dessinateurs qui se proposent ici de célébrer, en grande pompe, les héros et anti-héros du rock. Et de la pompe aux pompes, le pas est vite franchi. Car en tombant aux pieds de leurs idoles, les trente signataires du troisième tome de Minimum Rock’n’Roll ont choisi de se concentrer sur ce qu’ils voyaient le mieux, dans cette position: leurs chaussures. Ne sont-elles pas la base de tout ? Sans elles, le musicien perd de son assise, révèle Dominique A. Le groupe que l’on adore, renchérit Milan Dargent, c’est d’abord une paire de pompes qui vient vous marcher dans la tête. Quant à la force d’attraction des chansons de Leonard Cohen, mise en dessins par Berberian... il y a une histoire de santiags là-dessous. Aucun doute, le rock et les chaussures forment « une paire qui ne s’use jamais », dixit Jeffrey Lewis.Minimum Rock' n' Roll accueille chaque année les contributions d'une poignée d'allumés, artistes ombrageux, musiciens mythiques, rock-critics distingués ou parfaits inconnus, investis d'une double mission sacrée : dévoiler la face cachée du rock et satisfaire les angoisses fétichistes des véritables fanatiques de musique. Son premier tome, l'ébouriffant Rouflaquettes, poils de torse et cheveux à chouchous (2004) en faisait la preuve : le rock est à la culture ce que la patte drue et légèrement frisottante est à un brushing impeccable. Bagnoles, dragsters et autoroutes de l’enfer (2005) embrayait sur les chapeaux de roue. En 2006, Escarpins, boots de cuir et claquettes à papa saute à pieds joints, plus résolument encore, sur les tables des libraires.Revue MINIMUM ROCK’N’ROLL Tome 3 , en vente au Comptoir à partir du 13 mai Infos au 04 250 26 50

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17/03/2006

un livre: "Bande à part, New York Underground 60's 70's 80's" éd. du collectionneur. Galerie agnès b

Catalogue de l’exposition Bande à part inaugurée à la galerie du jour agnès b, ce livre spectacle est un virus (en espérant que l’image soit un virus comme disait Burroughs).Loin du Brésil, New York reste la capitale de l’underground et les photographies de Bande à part ne sont pas des clichés branchés de photographes mais bien de personnes qui ont répondu présent quand la scène musicale criait indépendance.Ces rats des caves n’étaient pas des professionnels, certains avaient un « vrai » travail et la photographie ne se résumait pas à une simple recherche formelle.L’envie de capturer la marge de la factory au CBGB était le seul moteur pour ces gens de l’ombre blanche.Billy Name restera le plus célèbre pour avoir été à la demande de Warhol le photographe officiel de la Factory car le maniement d’un appareil photo compliqué n’était pas du goût de Warhol qui admirait chez cet éclairagiste le sens de la mise en place du papier et des objets. Les images de la période argentée de la factory sont de lui. Gérard Malanga, l’associé de Warhol, est évidemment présent pour ses portraits (Ginsberg, Lou Reed, Burroughs, Patti Smith…).Danny Fields, le premier directeur de publicité d’Elektra Records devient vite le manager des Ramones et immortalise le groupe. Ses photos les plus emblématiques restent celles du célèbre restaurant le Max’s Kansas City. Leee Black Childers (avec trois e )surtout connu comme manager de Bowie période Ziggy Stardust est le premier photographe des New York Dolls. On retrouve aussi des clichés de Leee dans les livres sur le mouvement punk. Roberta Bayley, amie de Lee, mère de la célèbre première pochette des Ramones, réalisa également celle de Richard Hell and the Voidoids. Dans une autre vie Bayley sera témoin de la « British Punk invasion » loin du CBGB de Bowery que Godlis a mitraillé des toilettes au trottoir (No wave scene, Chilton, Blondie, Suicide…).Pour les 80’s on retrouve les Talking Heads par Marcia Resnick et ses portraits maniérés, ses regards complices et autres objets suggestifs…Blank Generation ! Catalogue Bande à part 60’s 70’s 80’s aux éditions du collectionneur en vente au Comptoir au prix de 43,10 euros.

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20/02/2006

un livre: Jérôme Becuwe."Petit traité en isme mineur" éd. Diogène

Le petit traité en isme mineur est un livre de définitions incongrues à l’usage des sourds, des aveugles et des sceptiques. Ce petit traité nous fait penser aux définitions de Pierre Desproges, façon manuel du savoir-vivre, et mélange sarcasme et préciosité de la langue bien pendue.Merci Jérôme pour tes dessins engagés et tes définitions vitriolées de poésie urbaine et sensible, qui, mèneront les donneurs de leçons aux enfers.Ce jeune homme né en 1978, «(…) Fils d’un soldat prussien et d’une Gitane sans filtre (…)», vit certainement mieux au café ou auprès de Sylvie qu’à l’Ecole des beaux-arts. Il apprendra mieux la vie chez sa boulangère que dans un atelier, il est conscient que Philip Morris bouche son ventricule gauche mais il assume. Son petit (pour la forme) livre illustré, haut en couleur, ne ruinera pas le badaud minimexé et secouera le capitaliste ou inversement.Cette «(…) fantaisie pamphlétaire rédigée et illustrée dans un souci de misanthropie bon enfant (…) » est une addition de définitions en isme (l’isme est aujourd’hui au mot ce que le sel est à la plaie ouverte).La volonté de notre Diogène en herbe n’est pas de finir dans un tonneau vide mais de remplir sa cuve de bon vin et de bons mots.L’intérêt du Petit traité en isme mineur, c’est que l’homme tient une place importante. Il est rond, gauche et attachant. Il regarde peu son nombril et se tourne vers les autres. Il flingue avec humour, il aime et détruit pour mieux reconstruire. « (…) Le syndicalisme n’est qu’une grande parade rouge, verte ou bleue… Le fascisme est un trouble nerveux frappant des sujets de taille médiocre… (…) ». On apprendra encore que «(…) le rachitisme est une pratique culturelle fort répandue chez les tiers-mondistes(…) ».Jérôme, nous espérons tous que ce Petit traité en isme mineur aidera à construire l’homme majeur de demain.Le Petit traité en isme mineur est en vente au Comptoir au prix de dix euros.

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16/02/2006

un livre: Daniel Lesueur "Gérard Manset, celui qui marche devant" éd. Alternatives et parallèles

Chaque ouvrage de la collection Pop-Rock retrace une aventure musicale originale et propose une discographie exhaustive.Dans cette collection on trouve une biographie de Gérard Manset, auteur, compositeur atypique qui a su rendre parfois une sorte de dépendance à son œuvre tout en cultivant sa non présence médiatique.Cet ouvrage n’est pas «moderne»(tant mieux, Manset ne l’est pas non plus), il n’est pas neuf puisque sa dernière édition remonte à 1997. L’intérêt avec Manset réside dans l’intemporalité et la culture du beau :l’anti-médiocrité comme ultime salut. Cette réédition, remise à jour d’un ouvrage paru en 1995, est à la fois une biographie et une discographie d’un homme solitaire. Ecouter Manset, c’est plonger dans un univers morose, froid, singulier et toujours littéraire. Lire sur Manset, c’est découvrir l’homme peu locasse, inclassable, cultivé. Alors me direz-vous, pourquoi parler de Manset et d’une biographie datée ?A l’heure du jeunisme et de la consommation de produits culturels, il est bon de plonger dans une eau salvatrice, il est bon de retrouver l’essence des choses. Aller à la rencontre d’une véritable indépendance d’esprit chez ce suicidaire de l’industrie musicale.Retrouver l’ami fantôme… Manset et l’écriture, c’est finalement un bon roman paru en 1987 chez Aubier «Le Royaume de Siam», son carnet de route, il l’emporte certainement toujours avec lui.La même année sortira un album de photographies «Chambres d’Asie» toujours chez Aubier et en 1994, «Aqui te espero», autre livre de photos paru aux Belles Lettres. Manset et la musique, c’est «Animal on est mal» en 1968 ou la France a enfin son Dylan ou un Bob Seger, c’est aussi «la mort d’Orion», disque inclassable, disque ovni, sorte de pop-opéra underground. La seule pop-opéra en France digne du nom. Manset est le Syd Barrett français, Murat est parfois son enfant.Il faut entrer dans le rêve puisqu’il y a toujours une route sur laquelle marche un voyageur solitaire, il faut peut-être commencer par le livre de Daniel Lesueur « Gérard Manset celui qui marche devant. ».Jeunes, découvrez Manset, il n’est pas vieux!

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15/02/2006

un livre: Les Miscellanées de Mr. Schott de Ben Schott aux éditions Allia

Miscellanées : subst., f., plur._1578. Recueil d’écrits divers, littéraires ou scientifiques. Mélanges. Les Miscellanées de Mr. Schott est une encyclopédie, un pot-pourri, un almanach du 21 e siècle. Son auteur, Ben Schott, l’intemporel, marche sur les pieds des érudits tel un Diderot sous LSD ou un Carl von Linné punk. Cette douce folie anglaise est un inventaire des connaissances de ce bas monde demandant un peu de légèreté. Mélange scientifique du ludique, du pointu et du superflu, drôle d’ami au quotidien, cet inventaire subjectif transformera votre liste de courses « food » en un best-seller de l’automne.Objet luxueux en trois dimensions où Garamond couche avec esperluette, on apprendra pour le fond qu’il n’y a pas de hiérarchie dans ce catalogue conceptuel, on découvre la liste des clubs londoniens, les jours où hisser l’union Jack, le nom des sept nains, l’âge des animaux, les films de James Bond mais aussi les planètes du système solaire, les abréviations sms et le langage des fleurs. On va enfin connaître la vérité sur le calibre des œufs et sur les missiles balistiques. En page 77, un petit dictionnaire yiddish pour nos vacances. L’auteur est un maniaque de la liste, du rien et du petit, le livre est l’idée du livre. Les Miscellanées de Mr. Schoot , c’est comme si Nick Hornby, ami intime de Duchamp, travaillait pour le petit Robert & Collins pratique.Négation littéraire indispensable dans votre bibliothèque à côté de ce livre contenant tous les livres ou dans votre cuisine. Il est donc inutile de l’emprunter ou de le regarder, il faut le posséder pour le comprendre un peu.Cet étrange objet de désir de la génération de la société du spectacle est aussi inutile que génial. Certains y verront une démarche artistique contemporaine alors que d’autres critiqueront le manque de profondeur et de valeurs académiques . Une chose est certaine, il ne faut pas bouder son plaisir, il n’y a juste rien à comprendre et tout à gagner.« C’est une bien triste chose que de nos jours, il y ait si peu d’informations inutiles »…disait Oscar Wilde à ses contemporains.Ben Schott : à déguster d’urgence contre l’ennui. En vente au Comptoir librairie/galerie 20-22 en Neuvice à 4000 Liège

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un livre: Dada de Georges Ribemont-Dessaignes aux éditions Ivréa

Les éditions Ivrea (Fonds Champ Libre/ Gérard Lebovici) proposent des livres en rupture avec l’économie, l’art et la politique.Textes Dada, surréalistes, et autres manifestes économiques utopistes et situationnistes, se retrouvent dans le catalogue de cette maison d’édition.Dada de Georges Ribemont- Dessaignes n’est pas d’une actualité brûlante et ne s’accumule pas sur la table des librairies au côté du Michel H.mais en regardant par le trou de la serrure, les vrais poseurs de bombes ne sont peut-être pas les extrémistes d’aujourd’hui.Dans ce manifeste Dada (encore un), G R-D. nous invective, nous crache au visage, mais nous aime. L’urgence de Dada avec ses festivals, ses slogans, sa poésie, son amour de la vie, ses dessins gratuits et son organisation utopiste et mathématique du monde nous donne des ailes et le sourire aux lèvres.On passe du théâtre au cinéma, de la mise en page soignée à la typographie criarde et désinvolte, d’un chapitre sur l’amour à un autre sur les larmes de couteau, pièce écrite et peut-être jouée quelque part. Un chapitre sur les projets, dont un sur le ballet et la mise en scène d’un entonnoir, d’un personnage en boule, d’une femme nue et d’une barque jusqu’à la figure lumineuse qui tient toute la scène. Cette figure lumineuse (art total Wagnérien du pauvre ou anarchie amusante) est peut-être la pierre philosophale de G R-D. On commence et on termine le livre quand on veut…chère liberté totale. Dada va loin, c’est la négation, et pas seulement la négation artistique mais la négation de tout ce qui est une construction de l’esprit humain. Dada n’est pas contre la création et l’action, mais on doit en retirer la valeur. Il ose traiter Breton de flic de la pensée et démontre qu’il n’est qu’un têtard de bénitier, il ose écrire sur ce petit oiseau qu’il avait sur le bout de son nez et qui se baignait dans son cœur… Ou est-il cet oiseau ? «… je l’ai mangé… » petit poème faussement naïf et très scolaire intitulé la faim dans le monde. Après l'exposition dada à Beaubourg, il est urgent de lire Georges Ribemont-Dessaignes chez Ivréa. Beaubourg n’est pas le Cabaret Voltaire, mais comme DADA n’a jamais raison…

17:31 Écrit par damienbreucker dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |